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FICHE TECHNIQUE


  • Bilbao
  • Espagne
  • Architecte:
    [baragaño]
  • Mars-Septembre 2010
  • Client:
    Port of Bilbao
  • BET:
    Structure: DeAcero
  • Entreprise:
    Grupo Imasa
  • Photographe :
    Mariela Apollonio

LIENS


  Plans (1,6 MB)
  Fiche technique: Panneaux Sandwich
  Fiche technique: IPE - poutrelles en I à ailes parallèles

Terminal de croisières dans le port de Bilbao



La conception de ce bâtiment modulaire avec structure en acier boulonné permet une extension ainsi qu'un remodeling complet selon les futurs besoins. Vu le haut degré de préfabrication, une phase de construction courte pouvait être garantie. Le contraste des parties vitrées de la façade et des panneaux de laine de roche noire permet de créer des effets de lumière spectaculaires.

Quand on imagine un terminal de croisières, les grandes odyssées maritimes de l’histoire nous viennent inévitablement à l’esprit. Depuis celle d’Ulysse (dont le beau voyage fut peut-être la première croisière, quoique pas précisément de luxe) jusqu’aux vacances sur la mer, en passant par la croisière, croisade vengeresse en fait, du capitaine Ahab aux trousses de Moby Dick, ou par la tragédie bien connue de ce paquebot qui faisait la traversée de Queenstown à New York en 1912.  

Dans ses récits et ses articles, Joseph Conrad brosse un portrait de ce monde, aujourd’hui balayé par le temps, des armateurs, officiers, capitaines, assureurs, affréteurs, matelots, mais aussi des aventures et de la dure vie des marins qui défiaient chaque jour la force incontrôlable de l’océan. Conrad est devenu un des grands classiques à nous raconter la mer, au même titre que Melville ou que Stevenson.

Embarcadères, quais, chantiers navals, et un paysage industriel peuplé d'histoires, de voyages, d'adieux...

Aussi, la mémoire du lieu, l'environnement, l'ambiance, nous conduisent inévitablement vers un matériau comme l’acier, qui à son tour nous évoque les noms de quelques Basques passés maîtres dans l'art de le soumettre, de le modeler à leur gré dans leurs compositions. Ces artistes de l’acier s’appellent Chillida, Oteiza... ou même Richard Serra qui, sans être né basque, pourrait bien l’être par adoption.   

La présence toute proche du pont suspendu de Portugalete, construit fin XIXe pour relier les deux rives de la ria et considéré comme un des grands ouvrages de la révolution industrielle, ne fait que renforcer la vocation et l'intention du futur terminal de croisières de devenir membre et interlocuteur de cet entourage.

Vu comme une sculpture, c'est au premier abord un prisme orthogonal métallique, peu à peu érodé par l’éternelle et proche présence de ce Golfe de Gascogne qui, pour les Espagnols, est une mer : la « mer Cantabrique ». C’est vers elle que s’ouvrent cet édifice et son immense verrière, dont les plans se brisent et se rétractent.

Côté sud, celui de la ville, le bâtiment est bien moins perméable : il encadre et enserre l’espace, ou la place, par où il nous accueille. Sur cette base, les pièces de la structure s'organisent.

C'est un ensemble de conteneurs qui varient en volume et en longueur.
Le nouveau terminal de croisières s’étend sur un seul niveau, bien que sa vue en coupe montre une série de plans brisés, en fait de grandes baies qui s’abreuvent de la lumière du nord.

Prenant pour référence l’œuvre des sculpteurs basques les plus renommés dans le monde, nous jouons sur les concepts de plein et de vide, en logeant le cœur du terminal dans un des conteneurs, en libérant l'espace dans les autres qui seront autant de salles différentes où l'on attendra son bateau.

Attendre : Séjourner en un lieu où l’on suppose que quelqu’un doit arriver ou que quelque chose doit se passer.


Nous proposons des espaces différents pour des manières différentes d’attendre.

  • Un grand hall central éclairé d’en haut et d’où l’on voit la mer.
  • De petites salles tournées vers la mer ou vers la ville.
  • Une salle plus confortable et plus intime.
  • Un espace shopping et un petit bistrot.
  • Des espaces et des terrasses en plein air.


Extérieurement, nous ordonnons l’espace d’arrivée, le grand parking, d’où des traits de lumière escaladent l’immeuble en l’illuminant, en lui donnant force de référence, de présence urbaine, depuis la ville, au bout de la ria. Ce parking sera aussi le lieu d’accueil des voyageurs qui, en autocar, aborderont ou quitteront ces grandes cités flottantes hébergeant de 1 500 à 3 000 personnes, ces bateaux qui font de Bilbao un port-base et la relient par devers la mer à différentes capitales du nord de l’Europe.

Les méthodes de construction répondent à l’urgence pour que le bâtiment soit opérationnel : le premier bateau de croisière devait arriver six mois après l’adjudication de l’offre. Le choix s’est donc porté sur une construction industrialisée, celle d'un terminal capable de croître ou de décroître selon les besoins futurs du port de Bilbao.

La structure s’organise par modules larges de quatre mètres, en acier laminé, fabriqués en usine et assemblés sur le chantier. Le temps d’exécution est ainsi des plus brefs et hautement optimisé car, en usine, les facteurs climatiques ou autres ne limitent pas le travail.

La construction

Le bardage prévu pour la façade se composera de panneaux de laine de roche doublée de tôles d'acier (0,5 mm côté intérieur et 0,7 mm côté extérieur), laqués noir et d’une épaisseur totale de 3,1496 in, posés à la verticale en modules de 900 mm de large, sur des tasseaux en tôle galvanisée. Ces panneaux présentent un minimum de relief continu qui fait que la couleur du bâtiment et sa manière de refléter la lumière varient au long de la journée.

Les cloisons seront faites de plaques de plâtre laminé 13N-13N / 70 / 13N-13N, c’est-à-dire à raison de deux paires de plaques 13N posées de part et d’autre, une paire de chaque côté, d’armatures en profilé acier de 70 mm. Le module des montants sera de 400 mm. Finition brillante pour peindre et/ou carreler. Isolation interne en laine de roche épaisseur 40 mm et densité 30 kg/m3

Le tasseautage pour le bardage des modules se composera de profilés IPE-160 en acier laminé, et transversalement, par intervalles d’environ 600 à 1 200 mm, de pannes en acier galvanisé de 2 mm d’épaisseur. 

La toiture est fort visible depuis certains secteurs de la ville, ainsi que depuis le pont des bateaux qui arrivent au terminal. C’est pourquoi son aspect a été soigneusement étudié : il s’agit pratiquement d’une cinquième façade du bâtiment. Elle est également prévue comme pouvant devenir une surface praticable aux personnes dans l’avenir.

Ce bâtiment sera cent pour cent démontable et recyclable, car il s’agit d’une structure métallique vissée. Les matériaux sont eux aussi très largement recyclables, à plus de 70 % : en effet, l’acier utilisé est fabriqué au four électrique.


Texte: Sergio Baragaño - b_architects

Fotos: Mariela Apollonio

Informations complémentaires:
surface: 1340 m2
coûts: 2.350.000 euros

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