FICHE TECHNIQUE
- Lyon Confluence
- France
- Architectes :
HTVS Architecture, Massimiliano Fuksas, Enzo Amantea, Clément Vergely - 2009
- Maître d'ouvrage :
Bouwfonds Marignan - Entreprises :
Baudin Châteauneuf
EAB - Photographe :
Gilles AYMARD
LIENS
Lyon Islands - Sculptures habitables
Isolés par l’extérieur et revêtus de cuivre et d’inox, six immeubles de logements du lot « Islands Quai » ont été réalisés sur le chantier de Lyon Confluence. Cette réalisation évoque le passé portuaire et industriel des lieux en respectant les exigences de la haute qualité environnementale (HQE).
Sculptures habitables
Selon les préconisations de l’urbaniste François Grether, la composition s’organise autour des deux grandes lignes forces que forment, au sud la darse, et le Parc de Saône qui s’étire le long des berges et vient se ramifier à l’intérieur des îlots. Après un important travail collégial sur le plan masse (35 000 m²), les équipes se répartissent les programmes et les immeubles à construire, une grande liberté de forme étant accordée à chaque pièce de ce puzzle urbain. Seules directives : traduire l’idée de la ville en devenir. « L’idée qui a prévalu a été celle de boîtes en mouvement, formellement traduites par des rotations, des décalages, des glissements et des déformations, créant ainsi des volumes de matière transformés en sculptures habitables ».
Deux immeubles de logements échoient à l’agence HTVS qui bâtit deux immeubles indépendants : Quay, sur la darse, regroupe 12 appartements haut de gamme, Pastoral sur la rue Denuzière 16 logements en accession sociale. Leur forme trouve son origine dans une représentation onirique des grues et des ponts qui animent un port fluvial. Surplombant la place Nautique, un beau porte-à-faux de 8 mètres (un caisson métallique boulonné porté en une seule pièce) abrite un duplex de 160 m² et sa terrasse de 120 m². Mais de ce cyclope-là, le marin d’eau douce n’a rien à craindre : transformé en puissance tutélaire, immobile et inoffensif, il veille sur la darse et domine la Confluence.
A l’intérieur de chaque bâtiment, une circulation verticale dessert deux appartements, chacun prolongé de loggias (12 m²) et ouvert sur trois orientations, comme le dictait le projet urbain de François Grether. Un travail d’horloger lorsque les prospects sont situés à 5 m !
Performances énergétique
La disposition des immeubles et le plan des appartements répondent aux objectifs bioclimatiques, condition sine qua non, du cahier des charges : sur-isolation intérieure et extérieure autour de murs en béton, deuxième peau en cuivre rouge, choisi pour son esthétique et ses qualités environnementales de résistance et de recyclabilité. Dans les appartements, les apports solaires sont maîtrisés grâce aux stores à lames orientables. Des capteurs photovoltaïques sur le toit (847 m² de cellules monocristallines) couplés à des chaudières bois alimentent l’eau chaude sanitaire et le chauffage.
Pour symboliser grues et palans, l’agence HTVS a ajouté des volumes entrants, sortants ou en rotation pour les deux bâtiments situés en bordure du quai.
Réalisée par Baudin Chateauneuf, la « boîte » en structure métallique est montée sur place et hissée au sommet du bâtiment pour y être fixée.
Peaux métalliques
11000 m2 de métal et de cuivre ont été mis en œuvre par l’entreprise Raimond afin de répondre aux exigences des cabinets d’architectes – Les matériaux ont été usinés dans leur atelier et c’est en amont de la pose que s’est joué le succès de ce chantier.
1500 heures de travail en bureau d’études entre plans d’exécution, plans de production et programmation machine ont été nécessaire pour le calepinage des façades.
Des caissons de cuivre de 0,60 mm d’épaisseur, de teinte naturelle se patineront en un an et seront oxydés dans vingt-cinq ans.
Pour les façades en acier inoxydable, 15 types de pièces différentes, façonnés en atelier ont été livrés sur le chantier….
Les écailles d’acier inoxydable finition Ugibright, également en 0,60 mm d’épaisseur, plus difficile à travailler que le cuivre - 15000 écailles avec leurs huit plis chacune ont nécessité huit mois d’usinage.
De manière générale, l´acier inoxydable offre une large gamme d’aspects de surface et contribue ainsi à rehausser l’esthétique de nombreuses réalisations. Qu’il soit mat, brillant, poli, gravé, microbillé, tissé, coloré… on le retrouve non seulement en façade, couverture et décoration, mais aussi dans d’autres fonctions d’ouvrage, comme la structure ou les planchers.
Le bardage en métal a permis aux architectes de créer des structures très animées.
L’architecte de l’agence Massimiliano Fuksas à Paris explique « l’inox est idéal pour donner cette sensation de mouvements, de changements. Les reflets de la lumière, du ciel et des autres immeubles font vivre la façade et donnent une vibration au bâtiment ».




