II. Techniques générales de la réhabilitation avec l´acier

Création d´une ouverture dans une maçonnerie par la méthode des deux demi poutres

Création d’une ouverture dans une maçonnerie par la méthode des deux demi poutres

La création d’ouvertures de grandes tailles dans des murs de maçonnerie est une opération délicate à réaliser avec les techniques traditionnelles en béton armé. Il faut d’une part pratiquer l’ouverture sans risquer l’effondrement au dessus de la partie ouverte et assurer un nouveau transfert des charges causées par la disparition d’une bande porteuse de mur. Il existe plusieurs techniques variantes utilisant l’acier pour effectuer cette opération.

La technique du linteau en deux demi-poutres est une solution à ce type d’intervention. On prépare d’abord les éléments porteurs verticaux par le biais de saignées dans lesquelles on place des poteaux acier sur des massifs créés à cet effet. Avant de démolir l’ouverture, on soutient le panneau de maçonnerie au dessus par le biais de chevalement (poutres de soutien temporaires perpendiculaires au mur). Les poutres en acier d’inertie suffisante sont ensuite placées et liées l’une à l’autre pour former un linteau.


1. Saignées verticales de part et d’autre de la future ouverture.
2. Réalisation des fondations des poteaux définitifs.
3. Fixations des poteaux métalliques.
4. Engravure horizontale dans la maçonnerie sur une demi-épaisseur.
5. Pose du premier profilé métallique avec matage.
6. Engravure horizontale dans la maçonnerie sur l’autre demi épaisseur.
7. Pose du deuxième profilé métallique avec matage.
8. Création de l’ouverture.
9. Enrobage des profilés par du béton et habillage si nécessaire.
10. Réalisation possible d’une poutre de répartition entre les fondations.

Pierre Engel pour www.constructalia.com


Création d´une ouverture dans une maçonnerie par la méthode des tabourets

Création d’une ouverture dans une maçonnerie par la méthode des tabourets

1. Saignées verticales dans la maçonnerie de part et d’autre de l’ouverture.
2. Réalisation des fondations des poteaux définitifs.
3. Fixation des poteaux métalliques.
4. Percements ponctuels dans la hauteur de la future poutre.
5. Mise en place des tabourets avec matage (voir détails).
6. Démolition de la maçonnerie entre tabourets.
7. Mise en place du ferraillage de la poutre.
8. Bétonnage de la poutre (tabourets noyés dans le béton).
9. Création de l’ouverture.
10. Réalisation possible d’une poutre de répartition entre les fondations.


Pour créer le linteau nécessaire à une ouverture, deux massifs de fondation et des saignées sont exécutés pour loger les jambes de soutien en acier.  Ces dernières sont nécessaires à la reprise des descentes de charge du nouveau linteau. La technique du tabouret consiste à placer un élément intercalaire en acier dans la maçonnerie qui est préalablement percée à des intervalles réguliers pour créer des points de soutènement.

Dès que les tabourets sont mis en place et calés pour transmettre les efforts nécessaires au soutien de la paroi, les parties situées entre ceux-ci sont démolies. Les ferraillages du linteau sont alors mis en place de part et d’autre des tabourets qui sont  noyés dans le coffrage du linteau. La maçonnerie est démolie une fois que la prise du béton du linteau est effective (soit environ deux semaines après le coulage du béton).

Pierre Engel pour www.constructalia.com


Création d´une ouverture dans une maçonnerie par chevalement et étaiement

Création d´une ouverture dans une maçonnerie par chevalement et étaiement

La technique du chevalement consiste à percer le mur de maçonnerie au dessus de la zone théorique de l’ouverture à des points espacés d’environ un mètre pour y placer des poutrelles de soutien qui sont maintenues en place par des tours d’étayage de part et d’autre du mur de maçonnerie. Ces poutrelles en nombre suffisant soutiennent le mur durant les opérations de démolition jusqu’à la mise en place du linteau qui est généralement constitué de deux profils de type I ou H. L’efficacité du chevalement dépend du bon calage des poutrelles qui doivent être placées en état de reprise active et immédiate des charges transmises par la partie de mur située au dessus de l’ouverture dès le début de la démolition. Suivant la taille de l’ouverture et la cohésion de la maçonnerie, il est parfois possible de faire l’impasse sur les piliers et les fondations qu’ils engendrent. La mise en place de piliers métalliques est un gage de rapidité et de facilité grâce à la bonne compatibilité des tolérances du linteau et des poteaux métalliques.    


1. Saignées verticales dans la maçonnerie de part et d’autre de l’ouverture
2. Réalisation des fondations des poteaux définitifs
3. Fixation des poteaux métalliques définitifs
4. Percements ponctuels dans la maçonnerie au dessous ou au dessus du plancher
5. Mise en place de profilés de chevalement avec calage serré (matage).
6. Pose des tours d’étais de part et d’autre de chaque profil de chevalement ou encore de portiques spéciaux construits à cet effet
7. Création de l’ouverture par démolition
8. Mise en place du linteau métallique avec calage serré (matage) sous la maçonnerie
9. Réalisation d’une longrine de liaison éventuelle entre les nouveaux massifs de fondation

Pierre Engel pour www.constructalia.com


Création d´une ouverture dans un voile en béton armé par boisage de poutres métalliques

Création d’une ouverture dans un voile en béton arme par boisage de poutres métalliques

Moisage du voile par deux U métalliques boulonnés :
1. Percements dans le voile pour le passage des tiges filetées.
2. Mise en place des deux profilés avec boulonnage.
3. Réalisation de l’ouverture.

Encadrement du voile par un U métallique collé :
1. Préparation du support
2. Elimination des parties dégradées
3. Reprise de la planéité du support
4. Préparation de l’armature
5. Encollage
6. Serrage des tôles
7. Contrôle de la mise en œuvre
8. Réalisation de l’ouverture
9. Réalisation d’une poutre de répartition inférieure si nécessaire

Caractéristiques de l’architecture des années 1960 bâtie le long du "chemin de grue", les voiles banchés se retrouvent fréquemment dans les opérations de réhabilitation des bâtiments de cette époque. Le module récurrent de 6 mètres est un paramètre contraignant qu’il est souvent nécessaire de gommer en pratiquant des ouvertures pour se libérer des surfaces et redonner plus de dynamisme au plan.

Plus aisée que dans les murs de maçonnerie, la création d’ouvertures importantes dans les voiles banchés nécessite cependant des précautions pour conserver l’intégrité structurelle des murs porteurs. La trame et la nature des ferraillages mis en place dans les banches au moment du coulage ne prennent pas en compte les situations ultérieures engendrées par des percements qui provoquent une flexion du voile à cet endroit et donc une fissuration préjudiciable du béton insuffisamment armé.

Pierre Engel pour www.constructalia.com


Création d´une ouverture dans un voile en béton armé au niveau d´un joint de dilatation

Création d´une ouverture dans un voile en béton armé au niveau d´un joint de dilatation

Comme le montre la fiche précédente, la reprise de ces nouveaux efforts est facilement anticipée en utilisant des pièces de renforts qui peuvent prendre la forme de U métalliques boulonnés de part et d’autre pour constituer une forme de linteau. Une autre solution consiste à encadrer le voile par un U reconstitué à la largeur interne égale à l’épaisseur du mur augmenté d’un jeu de montage.

Ce profil U enveloppant est collé au voile au moyen de colle époxy complétée par des fixations mécaniques comme des chevilles chimiques ou des connecteurs scellés eux aussi à la résine. Le cas de l’ouverture sur un plan de dilatation est un cas particulier qui peut être solutionné par la pose de deux U fixés de part et d’autre par des boulons et des tiges filetées mis en place par le biais d’empochements exécutés en quinconce.

1. Profil U en acier.
2. Empochements  percés dans le voile d’origine.
3. Plaque de frettage pour répartir l’effort de serrage.


4. Boulon à haute résistance (HR 8.8 ou 10.9).
5. Encoffrement en plâtre BA 13 ou BA15
6. Isolant complémentaire.

Pierre Engel pour www.constructalia.com


Création d´un portique de renforcement dans une façade

 Création d´un portique de renforcement dans une façade

1. Mise en place des traverses provisoires en alternance (A puis B).
2. Pose des traverses longitudinales en alternance pour les linteaux.
3. Matage des traverses longitudinales.
4. Mise en place de poteaux provisoires formant un portique permettant l’exécution du portique définitif.
5. Mise en charge du portique.
6. Démolition de la baie. 7. Réalisation des fondations des poteaux définitifs.
8. Mise en place des poteaux définitifs.
9. Mise en place des traverses définitives.
10. Matage des traverses provisoires sur la traverse définitive.
11. Mise en charge des poteaux définitifs (vérins plats par exemple)
12. Découpage des traverses provisoires au droit de la façade.
13. Remplissage béton du portique et habillage


Les tassements du sol sous les fondations, les travaux de reprises en sous œuvre, la prévision de travaux d’infrastructure majeurs ou la démolition d’une construction mitoyenne ébranle parfois la stabilité des murs en maçonnerie.

Il est alors nécessaire de procéder à des travaux de consolidation permanente en ajoutant des éléments de stabilité. Une solution performante consiste à rajouter des portiques en acier qui sont soit intégrés dans le mur ou placés à l’arrière, en appui à l’intérieur de la construction. 

Pierre Engel pour www.constructalia.com


Suppression d´un poteau et redistribution des charges dans la structure

Suppression d’un poteau et  redistribution des charges dans la structure

1. Mise en place des profilés métalliques, des chevêtres et des points d’appuis,
2. Mise en charge du poteau à reprendre sur les chevêtres en travée,
3. Démolition de la zone considérée.


1. Mise en place des profilés métalliques bloqués par des coins ou des vérins,
2. Démolition de la zone considérée.


La suppression occasionnelle d’un poteau dans un bâtiment multi étagé est une opération délicate pouvant entraîner des désordres graves si elle n’est pas exécutée dans les règles de l’art. Pour ce type d’intervention, la consolidation au moyen de poutres métalliques est une solution pertinente. La solution a) est destinée aux cas où la descente de charges sur le poteau est réduite. La pose d’une poutre moisante permet de reprendre la charge du poteau. L’inertie de la poutre additive sollicitée en flexion par une charge ponctuelle est le paramètre clé de cette solution. Dans le cas de fortes charges, la solution b) a l’avantage d’opérer un transfert de charge directe dans les autres parties de la structure. Le renfort des poteaux qui reprennent la charge du poteau déposé peut alors se révéler nécessaire.

Pierre Engel pour www.constructalia.com

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